DORIDOT Anaïs

Diététicienne / Nutritionniste - Coach Sportive

Cinq erreurs courantes en nutrition qui freine la progression sportive
Doridot Anaïs • March 5, 2025

Erreurs courantes en nutrition chez les sportifs

La nutrition joue un  rôle essentiel dans la performance sportive, la progression physique et le bien-être général. Une alimentation adaptée permet non seulement d'optimiser l'énergie disponible pour l'effort, mais aussi de favoriser la récupération, de renforcer les muscles et de réduire les risques de blessures ou de fatigue excessive. Pourtant, malgré l'importance de cet aspect, de nombreux sportifs, qu'ils soient amateurs ou confirmés, commettent des  erreurs nutritionnelles qui peuvent freiner leur progression et nuire à leurs performances à court terme

Ces erreurs peuvent concerner aussi bien la  qualité des aliments consommés que leur quantité, leur  répartition dans la journée ou encore le  timing des repas par rapport à l'entraînement. Par exemple, un apport insuffisant en glucides peut entraîner une baisse d'énergie et une diminution des performances, tandis qu'une consommation excessive de protéines sans un apport adéquat en glucides et en lipides peut nuire à la récupération et au bon fonctionnement de l'organisme. De même, une hydratation mal gérée peut affecter l'endurance et augmenter le risque de crampes

Ainsi, pour progresser efficacement et atteindre leurs objectifs, les sportifs doivent  accorder une attention particulière à leur alimentation en adoptant des habitudes nutritionnelles adaptées à leurs besoins, à l'intensité de leur entraînement et à leurs objectifs spécifiques. Une approche équilibrée et bien planifiée permet d'exploiter pleinement son potentiel et de maximiser les bénéfices de chaque séance d'entraînement

SOMMAIRE

I. Le timing des repas & la fenêtre anabolique


II. La sous-estimation de ses besoins énergétiques


III. Un déséquilibre des macronutriments

         A. Une consommation insuffisante de protéines

         B. Un apport trop faible en glucides complexes

         C. Une élimination excessive des bonnes graisses


IV. S'entraîner le « ventre vide »


V. Négliger l'hydratation


III. Conclusion

I. LE TIMING DES REPAS & LA FENÊTRE MÉTABOLIQUE

        L'une des erreurs les plus courantes en matière de nutrition sportive concerne le moment des prises alimentaires. De nombreux sportifs sous-estiment l'importance du timing et pensent à tort qu'il suffit simplement de bien manger tout au long de la journée pour être performant. Or, la répartition et la synchronisation des repas avec l'activité physique jouent un rôle essentiel dans l'optimisation des performances et de la récupération musculaire. Une alimentation bien structurée permet non seulement d'améliorer l'endurance et la force, mais aussi de limiter la fatigue et de réduire le risque de blessures.

       En effet, le corps a des besoins nutritionnels bien précis à différents moments de la journée pour maximiser la performance et favoriser une récupération optimale après l'effort. Une bonne gestion de l'alimentation permet d'apporter l'énergie nécessaire aux muscles, d'améliorer l'endurance et de limiter la fatigue, tout en facilitant la reconstruction musculaire après l'exercice.

      Avant l’effort, il est essentiel de bien préparer l'organisme en lui fournissant des nutriments adaptés. Un repas principal équilibré, comprenant des glucides complexes pour assurer une libération progressive de l'énergie, des protéines maigres pour préserver la masse musculaire et des lipides de bonne qualité pour soutenir les fonctions métaboliques, doit être consommé environ 2 à 3 heures avant l'effort. Ce délai permet une digestion optimale et évite tout inconfort digestif pendant l’effort.

        Une collation riche en glucides doit être consommée au plus tard 30 minutes avant l'effort afin d'assurer un apport énergétique rapide et facilement disponible pour les muscles. Ce type de collation permet de stabiliser la glycémie et de retarder l'apparition de la fatigue. Elle peut se composer, par exemple, d'une compote, d'une barre énergétique, d'un smoothie aux flocons d'avoine ou encore d'un yaourt. En parallèle, l'hydratation est un élément essentiel à ce stade : il est recommandé de boire entre 100 et 250 ml d'eau par petites gorgées, afin de maintenir un bon équilibre hydrique et d'optimiser le transport des nutriments vers les muscles. Une hydratation adaptée contribue également à prévenir les crampes.

        Après l'effort, la phase de récupération commence immédiatement. On parle de « fenêtre métabolique », un moment clé où l'organisme est particulièrement réceptif aux nutriments, favorisant ainsi une récupération optimale et une reconstruction musculaire efficace. Il est donc primordial de consommer un repas ou une collation dans les 30 minutes suivant la fin de l'activité physique. Ce repas doit être équilibré est constitué de protéines maigres, qui entraînent la réparation et la reconstruction musculaire, ainsi que de glucides, indispensables pour reconstituer les réserves de glycogène épuisées durant l'effort. Une source de lipides de bonne qualité, comme des fruits à coque, des graines ou de l'huile d'olive, peut également être ajoutée pour optimiser le processus de récupération et limiter l'inflammation musculaire. L'hydratation ne doit pas être négligée, il est primordial de boire en quantité suffisante pour compenser les pertes hydriques.

        Ainsi, une alimentation adaptée et bien planifiée en fonction du timing de l'activité physique joue un rôle déterminant dans l'optimisation des performances et la récupération. En adoptant ces bonnes pratiques, il est possible d'améliorer son endurance, sa force, son bien-être général, tout en limitant les risques de blessures et de fatigue excessive.


II. LA SOUS-ESTIMATION DE SES BESOINS ÉNERGÉTIQUES

         Une autre erreur courante en nutrition sportive est la sous-estimation des besoins énergétiques. Beaucoup de sportifs, notamment ceux qui cherchent à perdre du poids ou à affiner leur silhouette, ont tendance à réduire de manière excessive leur apport calorique. Pourtant, une restriction trop importante peut avoir des effets négatifs sur la santé et la performance, compromettant non seulement l'efficacité de l'entraînement, mais aussi l'équilibre métabolique.

        Lorsque l'apport énergétique est insuffisant par rapport aux dépenses, le corps entre en état de sous-alimentation, ce qui provoque :

  • Une baisse de performance
  • Une récupération plus lente
  • Un risque accumulé de blessures
  • Une stagnation du progrès
  • Des déséquilibres hormonaux et une fatigue accumulée

        Pour éviter ces inconvénients, il est essentiel d'adopter une approche équilibrée, en veillant à consommer suffisamment de calories pour répondre aux besoins du corps tout en maintenant un léger déficit calorique, si l'objectif est la perte de poids. Privilégier des aliments riches en nutriments, ajuster les portions en fonction de l'intensité des entraînements, et écouter les signaux de faim et de fatigue sont des stratégies clés pour allier performance et bien-être.


III. UN DÉSÉQUILIBRE DES MACRONUTRIMENTS

   Un régime alimentaire équilibré est essentiel pour tout sportif souhaitant optimiser ses performances, accélérer sa récupération et maintenir une bonne santé générale. La répartition des macronutriments (protéines, glucides et lipides) doit être adaptée en fonction des besoins individuels, du type d'entraînement et des objectifs spécifiques, qu'il s'agisse d'améliorer l'endurance, de favoriser la prise de muscle ou de perdre du poids. Cependant, de nombreuses erreurs alimentaires viennent perturber cet équilibre et peuvent nuire aux progrès attendus.

A. UNE CONSOMMATION INSUFFISANTE EN PROTÉINES

        Les protéines sont indispensables à la construction et à la réparation musculaire, ainsi qu'à la récupération après l'effort. Un apport insuffisant peut ralentir la progression, provoquer une fonte musculaire et augmenter le risque de blessures. Il est donc essentiel de consommer des sources variées de protéines (viandes, poissons, œufs, produits laitiers).

B. UN APPORT FAIBLE EN GLUCIDES COMPLEXES

        Les glucides constituent le principal carburant de chaque être humain. Chez les sportifs une consommation insuffisante de glucides complexes (riz, pâte, patate douce, quinoa, boulghour, avoine…) peut entraîner une fatigue précoce, une baisse de l'endurance et une récupération plus lente. Contrairement à certaines idées reçues, les glucides ne doivent pas être drastiquement réduits, même pour une perte de poids, car ils sont essentiels au stockage du glycogène musculaire.

C. UNE ÉLIMINATION EXCESSIVE DES BONNES GRAISSES

        Les lipides jouent un rôle crucial dans le fonctionnement hormonal, la production d'énergie et la protection des articulations. Réduire drastiquement les bonnes graisses peut entraîner des déséquilibres hormonaux, une baisse des performances et provoquer une récupération plus difficile.


IV. S'ENTRAÎNER LE « VENTRE VIDE »

        S'entraîner à jeûne est une pratique courante chez certains sportifs, notamment dans le cadre d'une perte de poids. Cependant, cette stratégie n'est pas adaptée à tous et peut présenter plusieurs inconvénients, en particulier pour les efforts intenses ou de longue durée.

        Lorsque l'organisme manque de réserves énergétiques, les performances peuvent être altérées, et plusieurs effets négatifs peuvent se manifester : 

  • Une diminution de l'intensité de l'effort : Sans un apport suffisant en glucides avant l'entraînement, les réserves de glycogène sont limitées.  Cela entraîne une fatigue plus rapide, une baisse de performance et des difficultés à maintenir un effort intense, notamment pour les exercices comme le sprint.
  • Un risque accumulé de perte musculaire : À jeûne, en l'absence de glycogène, le corps puise dans les acides aminés musculaires pour produire de l'énergie, entraînant une perte de masse musculaire.
  • Une baisse de la concentration et de la motivation : Un manque d’énergie affecte le système nerveux central, entraînant une baisse de concentration, de réactivité et de coordination. Le cerveau, en déficit de glucose, provoque une fatigue mentale, des troubles de l’attention et un manque de lucidité. Cela nuit à la qualité de l’entraînement, à la précision des mouvements et à la posture, tout en réduisant la motivation. À long terme, cela peut entraîner une perte d’intérêt.
  • Une récupération plus difficile : L'entraînement à jeûne ralentit la récupération, car le corps met plus de temps à reconstituer ses réserves de glycogène et à réparer les muscles. Cela entraîne une fatigue prolongée, des courbatures accrues et une baisse des performances. Le manque de nutriments après l’effort retarde la synthèse musculaire, compromettant le développement musculaire. À long terme, cela peut entraîner une stagnation des progrès et un risque de surentraînement.

        Cela ne signifie pas que s'entraîner à jeûne est toujours une mauvaise option. Pour certains exercices à faible intensité, comme une marche rapide ou une séance de cardio modérée. Cependant, pour des entraînements plus exigeants, il est préférable d'apporter une source d'énergie avant l'effort, comme une collation légère à base de glucides et de protéines.


V. NÉGLIGER L'HYDRATATION

        La déshydratation, même légère, peut avoir un impact négatif sur les performances physiques et mentales. Une perte d’eau de seulement 1 à 2 % du poids corporel peut entraîner une diminution de l’endurance, une augmentation de la perception de l’effort, une baisse de la concentration et un risque accru de crampes ou de blessures. L’eau joue un rôle essentiel dans la thermorégulation, le transport des nutriments et l’élimination des toxines, d’où l’importance d’une hydratation adaptée au quotidien mais aussi avant, pendant et après l’effort.

        Pour maintenir une bonne hydratation et optimiser ses performances, il est essentiel de suivre quelques principes fondamentaux :

  • Boire régulièrement tout au long de la journée : Attendre d’avoir soif pour s’hydrater n’est pas une bonne stratégie, car la sensation de soif se manifeste lorsque le corps est déjà en déficit hydrique. Il est recommandé de boire de petites quantités d’eau à intervalles réguliers pour maintenir un bon équilibre hydrique.
  • S’hydrater progressivement avant l’effort : Commencer une séance d’entraînement en étant déjà bien hydraté permet d’optimiser les performances et de prévenir la fatigue précoce. Il est conseillé de boire entre 300 et 500 ml d’eau dans les heures précédant l’effort, puis d’ajouter une petite quantité d’eau (100 à 250 ml) environ 30 minutes avant l’entraînement.
  • Adapter sa consommation d’eau selon l’intensité prévue : Plus l’effort est long et intense, plus les pertes hydriques sont importantes. Lors d’un entraînement prolongé ou par forte chaleur, il est recommandé de boire entre 500 ml et 1 litre d’eau par heure d’exercice, en petites gorgées, pour compenser la transpiration. Si l’effort dépasse une heure, une boisson contenant des électrolytes peut être utile pour rétablir l’équilibre minéral du corps.

      Après l’effort, une bonne hydratation est tout aussi cruciale pour favoriser la récupération musculaire et éviter la fatigue prolongée. Négliger cet aspect peut ralentir l’élimination des toxines et prolonger la sensation de courbatures. Il est donc essentiel de continuer à boire après l’entraînement, en privilégiant l’eau ou une boisson de récupération adaptée aux besoins de l’organisme.

      En résumé, une hydratation maîtrisée est un facteur clé de la performance et de la récupération. Adopter de bonnes habitudes permet non seulement d’améliorer son endurance et sa concentration, mais aussi de réduire les risques de blessures et de fatigue excessive.


III. CONCLUSION

        Corriger ces erreurs nutritionnelles et adopter de meilleures habitudes alimentaires peut avoir un impact considérable sur vos performances, votre progression et votre bien-être général. Une alimentation adaptée permet d’optimiser l’énergie disponible, d’améliorer la récupération et de prévenir les blessures, tout en soutenant vos objectifs sportifs, qu’il s’agisse de prise de masse musculaire, d’endurance ou de perte de poids.

        Cependant, il est essentiel de garder à l’esprit que chaque organisme réagit différemment aux ajustements alimentaires. Ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas convenir à une autre. Prenez donc le temps d’observer comment votre corps réagit aux changements et adaptez progressivement votre alimentation en fonction de vos sensations, de vos performances et de vos besoins spécifiques. L’écoute de son corps est une clé fondamentale pour une progression durable.

        La réussite en nutrition, comme en sport, repose sur la constance et la patience. Plutôt que de bouleverser votre alimentation du jour au lendemain, privilégiez une approche progressive. Commencez par identifier une ou deux erreurs majeures dans votre routine actuelle et concentrez-vous à leur correction avant d’en intégrer d’autres. Par exemple, si votre hydratation est insuffisante, veillez d’abord à boire régulièrement avant de vous concentrer sur l’optimisation de vos apports en macronutriments.

        En construisant progressivement votre routine nutritionnelle idéale, vous mettrez en place des habitudes solides et durables qui vous aideront à maximiser vos résultats sans frustration. Chaque petit ajustement compte et, avec le temps, ces améliorations cumulées feront une grande différence sur vos performances et votre bien-être général.

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