DORIDOT Anaïs

Diététicienne / Nutritionniste - Coach Sportive

Sportive : Impact de la contraception et du cycle menstruel sur les performances
Doridot Anaïs • November 20, 2024

L'impact de la contraception et des menstruations sur la pratique sportive des femmes

De nos jours, le sport n’est plus seulement masculin, il est aussi féminin. De nombreuses femmes pratiquent un sport que ce soit individuel ou en club. Et ce nombre continue d’augmenter avec les années. Mais les femmes ont un cycle menstruel chaque mois qui peut être dérangeant dans la vie quotidienne et qui peut avoir un impact ou non sur leurs performances sportives. Elles peuvent prendre des moyens de contraceptions qui limitent ces inconvénients. Ceux-ci peuvent être le stérilet, la pilule contraceptive, le patch contraceptif ou encore l’implant contraceptif.

Annexe 1 : Représentation des principaux moyens de contraceptifs utilisés en France, en pourcentage

La pilule est le contraceptif le plus utilisé en France. L’Annexe 1 présente ci-dessus, permet d’avoir une représentation en pourcentage de l’utilisation du stérilet, du préservatif, de la pilule contraceptive et des autres moyens de contraceptions. Comme on peut le voir sur le document, le moyen de contraception le plus utilisé en France est la pilule, que ce soit entre 15-19 ans, entre 20-24 ans et entre 25-29 ans.

SOMMAIRE

I. Le cycle menstruel

         A. Le cycle utérin

         B. Le cycle ovarien

         C. Le syndrome prémenstruel


II. La pilule contraceptive

         A. Différents types de pilules

         B. Avantages et inconvénients des pilules oestroprogestatives


III. Impact sur les performances

         A. Impact des menstruation sur les performances

         B. Impact de la contraception sur les performances


IV. Conclusion

I. LE CYCLE MENSTRUEL

       Un cycle menstruel dure en moyenne 28 jours. Il correspond aux phénomènes temporels qui se déroulent entre deux menstruations (partie visible du cycle). Il y a aussi de nombreux phénomènes qui ont lieu lors de ce cycle permettant un déroulement normal de la fonction de reproduction humaine.

A. LE CYCLE UTÉRIN

Annexe 2 : Représentation du cycle utérin

          L’Annexe 2 présente ci-dessus, permet d’avoir une représentation visuelle du cycle utérin. Comme nous pouvons le voir, ce cycle est divisé chronologiquement en 5 phases

  • La phase de desquamation (phase 1), qui se déroule du 1er au 4ème jour. Lors de cette phase les taux de progestérones¹ et d’œstrogènes² chutant (s'il n'y a pas de fécondation). Cela entraîne le détachement de la couche superficielle de l'endomètre³. Cette couche comprend de l'épithélium, des vaisseaux sanguins et du sang, c'est ce que l'on appelle les menstruations.
  • La phase de régénération (phase 2), qui se déroule du 5ème au 8ème jour. Lors de cette phase l’endomètre va commencer à se reconstituer grâce à la stimulation des œstrogènes. Provoquant un épaississement du tissu épithélial et la formation de nouveaux vaisseaux sanguins.
  • La phase de prolifération (phase 3), qui se déroule du 9ème au 14ème jour. Lors de cette phase l’endomètre va continuer de se reconstituer, les vaisseaux sanguins vont s’allonger et commencer à se spiralizer, et les glandes vont commencer à se former.
  • La phase de transformation glandulaire (phase 4), qui se déroule du  15ème au 21ème jour. Lors de cette phase les vaisseaux sanguins vont continuer à se spiralizer et les glandes vont s’allonger, devenir plus longues et plus sinueuses grâce à l’action de la progestérone et des œstrogènes.
  • La phase de sécrétion glandulaire (phase 5), qui correspond à la dernière étape du cycle et qui se déroule du 22ème au 28ème jour. Lors de cette phase les glandes atteignent leur taille maximale et les vaisseaux sanguins leur spiralisation maximale.

B. LE CYCLE OVARIEN

Annexe 3 : Représentation de l'influence des hormones sur le cycle ovarien

          L’Annexe 3 présente ci-dessus, permet d’avoir une représentation visuelle de l’influence des hormones sur le cycle ovarien qui se déroule en parallèle du cycle utérin. Comme nous pouvons le voir, ce cycle est divisé en 3 étapes :

  • La première étape est la phase folliculaire qui se déroule du 1er au 13ème jour. Lors de cette étape de nombreux follicules sont libérés. Il n'y a qu'un seul follicule qui atteint sa maturité alors que les autres seront dégénérés. Le follicule mature passe par différents stades de formation :
  • Follicule primordiale
  • Follicule primaire
  • Follicule secondaire ou préantral
  • Follicule tertiaire ou antral

À la fin de ces stades, le follicule devient complètement mature. Il sera alors appelé follicule mature de Graaf.

  • La deuxième étape l'ovulation qui se déroule au 14ème jour. Lors de cette étape le follicule mature est libéré par l'ovaire afin de devenir un ovule.
  • La troisième étape est la phase lutéale qui se déroule du 15ème au 28ème jour. Lors de cette étape le follicule mature connaît une phase d'affaiblissement, le transformant en corps jaune. Celui-ci joue un rôle important pour l'implantation de l'embryon dans l'endomètre et le maintien de la grossesse. En l'absence de fécondation, le corps jaune va se dégénérer provoquant l'apparition des nouvelles règles au alentours du 28ème jour.

C. LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL

         Le syndrome prémenstruel correspond à des symptômes gênants mais sans gravité. Ces symptômes sont dus à la chute du taux de progestérones et d'œstrogènes lors de la phase lutéale du cycle ovarien. Le syndrome prémenstruel peut être qualifié de sévère lorsqu’il entraîne des troubles engendrant des modifications du comportements et/ou une altération des relations familiales et/ou socio-professionnelles. Il existe 4 catégories de ces troubles que l’on retrouve dans le syndrome prémenstruel : 

  • Les problèmes de peau qui peuvent être représentés sous forme d'acné, d'hirsutisme ou d'herpès (buccale ou génitale).
  • L'hypersensibilités des seins qui est l'un des symptômes les plus fréquents chez la femme. Ce phénomène est dû à la sécrétion d’œstrogènes provoquant un gonflement et augmentant la sensibilité de la zone mammaire.
  • La rétention d'eau qui est due à une sécrétion trop importante d’œstrogènes lors de la fin du cycle menstruel. C'est une accumulation d'eau au sein d'un tissu de l'organisme. La femme peut alors percevoir une sensation de gonflement qui peut être accompagnée d'une prise de poids de un ou deux kilos. La femme peut aussi percevoir d'autres signes physiques comme des douleurs ostéoarticulaires, des céphalés, des dignes digestifs (nausées, constipations ou diarrhées).
  • L'atteinte neuropsychique qui est le symptôme principal du syndrome prémenstruel. Les femmes se sentent plus irritables, agressives et nerveuses. La fatigue, le manque de concentration ou les insomnies sont symptômes neuropsychiques que les femmes peuvent aussi rencontrer.

II. PILULE CONTRACEPTIVE

         La pilule contraceptive est le moyen de contraception hormonal le plus utilisé par les françaises. L’objectif de cette contraception est de limiter le risque de grossesse non prévu en permettant aux femmes de réguler leur fertilité. Les pilules contraceptives contiennent de faibles doses d’hormones de synthèses permettant d’empêcher l’ovulation et de limiter le pouvoir fécondant des spermatozoïdes.

A. DIFFÉRENTS TYPES DE PILULES

         En France, il existe deux types de pilules contraceptives depuis 2017. Elles ont toutes les deux des mécanismes d’action et une tolérance différentes :

  • Les pilules micro-progestatives sont dites « progestatives » car elles contiennent seulement un progestatif. Il en existe deux types :
  • Les pilules contenant du lévonorgestrel¹⁰. Ces pilules n'inhibent pas l’ovulation, elles vont faire épaissir la glaire cervicale (à l’entrée du col de l’utérus) pour limiter le passage des spermatozoïdes. Avec ce type de pilules, les règles surviennent environ toutes les 4 semaines.
  • Les pilules contenant du désogestrel¹⁰. Ces pilules inhibent l’ovulation et font épaissir la glaire cervicale pour limiter le passage des spermatozoïdes. Avec ce type de pilules, certaines femmes peuvent ne plus avoir de règles.

Ces pilules sont administrées pendant une période de 28 jours. Les plaquettes contiennent 28 comprimés à prendre tous les jours, à heure fixe et sans interruption. Ces pilules sont dites “continue” car elles sont prises 365 jours par an.

  • Les pilules oestroprogestatives sont dites « combinées » car elles contiennent à la fois un oestrogène (souvent de l’éthinylestradiol) et un progestatif (différent selon les pilules). Ces pilules sont les plus utilisées par les français et classées selon la génération du progestatif :
  • Les pilules de 2ème génération contiennent du lévonorgestrel¹⁰ ou du norgestrel¹⁰.
  • Les autres pilules parfois appelées 4ème génération contiennent de la drospirénone¹⁰, de la chlormadinone¹⁰, du diénogest¹⁰ ou du nomégestrol¹⁰.

L’objectif de ces pilules est d'inhiber l’ovulation, d’épaissir la glaire cervicale pour limiter le passage des spermatozoïdes et de modifier l’endomètre pour empêcher la nidation. Ces pilules sont administrées pendant une période de 21 jours ou de 28 jours. Les plaquettes contiennent 21 comprimés actifs à prendre tous les jours, à heure fixe et sans interruption. Ensuite, les plaquettes sont suivies soit d’un arrêt de 7 jours ou soit de 7 comprimés placebo permettant d'avoir ses règles.

B. AVANTAGES & INCONVÉNIENTS DES PILULES

         Les pilules oestroprogestatives sont les plus intéressantes, car c’est le type de pilule la plus utilisé par les françaises. Elles facilitent la vie quotidienne des femmes, tout en possédant d’autres avantages pour la santé. Elles possèdent aussi des inconvénients qui peuvent devenir dangereux pour la santé. Mais attention, les effets secondaires sont différents d’une marque de pilule à une autre.

         Les avantages de la pilule oestroprogestative sont qu’elle est le moyen de contraception le plus efficace. Elle a un pourcentage de protection de 99,7% si celle-ci est prise correctement. Cette protection est l’avantage le plus attendu par les femmes car elle permet de ne pas tomber enceinte. La pilule est efficace dès la première prise et même pendant la période d’arrêt. Elle permet aussi d’avoir un cycle menstruel régulier avec des menstruations moins abondantes (égale à moins de perte en fer) et d’atténuer les douleurs du syndrome prémenstruel. La pilule permettrait aussi d’avoir un risque moins élevé de développer un cancer colorectal, de l’endomètre ou de l’ovaire.

         Mais attention, la pilule oestroprogestative présente plusieurs inconvénients. Elle présente des effets secondaires non nocifs pour la santé. Ceux-ci sont représentés par une baisse de la libido et de l’humeur, une hausse du poids corporel, une augmentation des maux de têtes et des ballonnements, des tensions mammaires, de la rétention d’eau, des nausées ou encore de l’acné.

Mais elle présente également des inconvénients dangereux pour la santé. Elle augmenterait le risque de cancer du sein, de cancer du col de l’utérus et de cancer du foie. Elle augmenterait aussi le risque de développer des maladies thrombo-emboliques¹¹ (thrombose veineuse) ou cardiovasculaires (AVC).


III. IMPACT SUR LES PERFORMANCES

         Chaque personne peut être impactée différemment par les menstruations et/ou par la pilule. Cet impact peut avoir des répercussions ou non sur leurs performances sportives.

A. IMPACT DES MENSTRUATIONS SUR LES PERFORMANCES

         Les menstruations sont composées de plusieurs phases chacune pouvant avoir un impact différent sur les femmes :

  • Durant la phase folliculaire (10ème au 13ème jour), l’organisme est plus disposé à utiliser les glucides et à puiser dans les réserves de glycogènes¹². Les sportives seront plus explosives et auront un bon développement musculaire. Cette phase permet aussi d’avoir une bonne résistance à la douleur et d’être plus motivée.
  • Durant la période d’ovulation (14ème jour), l’augmentation du taux d’oestrogènes produit une augmentation de la souplesse ligamentaire ce qui diminue le risque de blessures. Mais le dynamisme est ponctué par des coups de fatigue dus à l’ovulation.
  • Durant la phase lutéale (15ème au 28ème jour), l’augmentation du taux de progestérone et la diminution du taux d’oestrogènes provoque une augmentation de la température corporelle. L’organisme est plus disposé à utiliser les lipides, donc les activités aérobic (natation, vélo…) seront à privilégier. Mais la motivation et l’humeur peuvent être altérées par la baisse du taux de sérotonine¹³.
  • Durant la phase des règles, le dynamisme est altéré différemment selon les femmes. Les pertes sanguines et les contractions peuvent être très dérangeantes lors d’un entraînement ou lors d’une compétition.

         Le syndrome prémenstruel provoque des symptômes pouvant devenir très gênants chez les sportives. Ces symptômes se manifestent par les jambes lourdes, de la rétention d’eau, des pertes d’énergie, des migraines, des maux de ventre pouvant être terribles, une barre dans le dos, des crampes… Donc en cas d’inconfort, il est préférable de faire des exercices moins intenses. Mais une activité physique régulière permet de réduire ces symptômes.

B. IMPACT DE LA CONTRACEPTION SUR LES PERFORMANCES

         La pilule contraceptive peut être un avantage pour les femmes ne pratiquant aucune activité physique. Mais pour les femmes pratiquant un sport régulier, la pilule peut vite devenir un désavantage pouvant altérer leurs performances.

          D’après une étude faite en 2009 par des scientifiques de la Texas A&M University et de l’Université de Pittsburgh, la pilule contraceptive jouerait un rôle dans la diminution de la croissance musculaire. En effet, celle-ci serait diminuée de 60% par rapport à des femmes ne prenant pas de contraception hormonale. 

Cela serait liée par une augmentation du taux de cortisol dans le sang. Il faut savoir que le cortisol est une hormone de stress qui se forme dans le cortex surrénal¹⁴ et qui a un effet négatif sur le développement musculaire. Celui-ci libère du glucose et des acides aminés provenant des muscles pour fournir plus d’énergie au corps mais cette action réduit la masse musculaire.

          D’après une autre étude faite en 2011 par l’Institut de médecine du sport de Copenhague, la pilule contraceptive jouerait un rôle négatif sur la synthèse du collagène tendineux musculaire

Le collagène est un groupe de protéines essentiel pour la stabilité des tendons. En effet, ceux-ci sont le lien entre le muscle et l’os et ils permettent de convertir la contraction des muscles en mouvement réel. La synthèse du collagène étant réduite par la pilule contraceptive, la flexibilité du système musculo-squelettique est aussi réduite. Cette réduction va augmenter le risque de blessure pendant l'entraînement et va prolonger le processus de guérison après une blessure. 

Ainsi, la pilule contraceptive réduit la formation de protéines myofibrillaires¹⁵. Ce qui implique qu’il y a moins de myofibrilles et donc moins de force musculaire.


IV. CONCLUSION

         Chaque personne peut être impactée différemment par les menstruations et/ou par la pilule. Cet impact peut avoir des répercussions ou non sur leurs performances sportives.

         Grâce à ce tableau nous pouvons remarquer que le cycle menstruel est celui qui contient le plus d’avantages et d’inconvénients sur les performances sportives. Malgré tout, si nous comparons attentivement les types d’inconvénients présentés par rapport à ceux de la pilule oestroprogestative, nous pouvons remarquer que ceux-ci peuvent avoir un moins grand impact sur les performances sportives.

À vous de vous faire votre un avis sur qui de la pilule oestroprogestative et du cycle menstruel à un meilleur impact sur les performances sportives.

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